16 octobre 2006
Archita
Bienvenue à Archita!!!
Archita est un village situé à 40 km de Sighisoara...On y accède le plus souvent en train. Ne possédant pas de véhicule, les villageois utilisent fréquemment ce moyen de transport, comme la plupart des enfants et des jeunes qui sont scolarisés à Sighisoara.
Nous sommes venues rendre visite à des jeunes, rencontrés la veille à Sighisoara lors du festival médiéval qui se déroule chaque année. Une opportunité pour nous de côtoyer le quotidien de près dans un village plutôt que dans une ville touristique, où nous n'aurions certainement pas vécu la même chose.
Sur le chemin, menant de la gare au centre du village, nous avons croisé quelques uns de ces jeunes. Surpris de nous voir, ils nous ont conduits là où nous étions invités. Ce n'était pas les seuls à être étonnés, des enfants nous suivaient à pied ou à vélo, lorgnant nos gros sacs à dos. En effet, quel honneur de nous recevoir dans leur village très peu fréquenté par des touristes.

Ce village nous a paru très loin des exigences prévues dans l'entrée en vigueur de la Roumanie dans l'Union européenne. En effet, à Archita, comme de nombreux villages, la vie est assez rudimentaire face aux avancées technologiques des villes roumaines, où les gens donnent l'impression d'être encore plus consommateurs qu'en France. A ce sujet, il nous paraît important de mettre la Roumanie dans son contexte historique. Il est clair que le ravage communiste a privé les roumains sur de nombreux domaines et les a assoiffé de nouveautés, d'autant plus que les pays limitrophes comme l'Italie ou la Hongrie donnent une envie rassasiante.
Nous avons trouvé un décalage de plus de cinquante ans entre la ville et la campagne.Chez la famille où nous avons séjourné, la maison est alimentée en électricité, pour l'eau, il faut aller la chercher au puits commun sur la place du village, où les chevaux s'abreuvent aussi. Un fois les sots remplis, cette eau peut être bouillie au feu de bois pour être consommée, mais sert le plus souvent à la toilette, qui se fait à l'extérieur durant l'été et dans une chambre les jours d'hiver. Les salles de bain sont donc inexistantes pour la plupart des villageois. De plus étant donné que les difficultés financiers s'accumulent au fil des mois passées, il arrive souvent que les familles n'aient plus de gaz pour faire fonctionner la gazinière, elles ont alors recours à la cuisinière à bois, source d'énergie naturelle, qui fait la richesse de la Roumanie. Malheureusement, les forêt sont de plus en plus déboisées, et le bois est un commerce fluctuant.
C'est alors avec plaisir que nous avons cuisiné une tambouille de légumes à la saucisse fumée pour ces jeunes roumains qui nous ont ouverts leur porte. Nous tenons à vous éclaircir sur leur situation familiale. Afin de gagner plus d'argent, dans le but de financer les études de ses fils, leur mère est partie travailler dans une fabrique italienne. Durant quelques mois, ces jeunes vivent de débrouillardise, et de dur labeur pour leur âge. Le petit frère n'a que 13 ans, et part travailler au champs ou traire les vaches pour gagner quelques Leï. D'autant plus que le travail est assez aléatoire vu le nombre important de jeunes qui en ont besoin. Sinon, cette famille n'était pas équipée d'une machine à laver, tout se fait à la main dans des grandes bassines, tout comme la vaiselle.
Tous les habitants se nourrissent de légumes de saison, cultivés dans le jardin. Pommes de terre, choux, poivrons, tomates, pommes, poires, pastèques et raisins ravillent les papilles et amenuisent le goût amer de cette survie quotidienne.
Voici les tenues traditionnelles, dont celle de droite appartenait au grand-père de la famille. Ce blason fait de peau de mouton se porte sur une large chemise blanche en coton dont les bordures sont brodées à la main avec du fil jaunâtre. Les danseurs de la région de sighisoara portent un pantalon en laine avec des bottes noires aux pieds.
Chaque région a sa tenue et sa danse traditionnelle, et les plus jeunes sont fiers de la représenter lors des festivals se déroulant le plus souvent l'été.
Avec joie, nos amis roumains nous ont fait visiter leur village, notamment la grande forêt qui domine celui-ci. Sa pureté a éveillé en nous l'envie de gambader sur ses chemins étroits, et de rencontrer les arbres dans ses profondeurs. Nous sommes allées dans ses hauteurs où nous avons pu apercevoir les énormes tous faits par les renards sauvages.
A l'entrée de celle-ci, nous avons croisé des enfants qui jouaient, ou qui restaient là, assis au frais. Car en ce mois d'août, la température a atteint les 35°. D'après les roumains, les étés sont de plus en plus chauds et caniculaires. Le panorama nous a permis de contempler ce charmant village.
De notre regard habituel français, la vie aurait pu nous paraître ordinaire et très pauvre, mais nous avons été charmé par la simplicité de leur quotidien. Il est fréquent que les villageois restent assis sur des bancs, le plus souvent installés devant les maisons et discutent . Parfois plusieurs générationsensemble. Tout en observant les vaches passées, qui tous les jours prennent le même chemin pour se faire traire et que le lait frais soit ensuite distribué.
Et il y a aussi des tsiganes qui habitent à Archita....
La cohabitation nous a semblé bien se dérouler. Il faut retenir que leurs habitations sont de l'autre côté de la voie férrée, ce qui réduit les rencontres. Nous en avons croisé d'abord dans le train, où nous faisions des "coucous" aux enfants avec nos mains, ravis de cette approche avec des étrangères. Etant donné que l'on descendait au même endroit, nous avons marché un bout de chemin ensemble, et avec un peu d'avance, cette photo a été prise.
Cette mère et ses enfants avaient certainement passé leur journée dans la ville de Sighisoara, comme beaucoup le font. C'est aussi un moyen de ramener de quoi mangé après avoir gagné ou mendié un peu d'argent et de récupérer du matériel utile. Comme le frigo que l'aînée des enfants tiraient. Cela n'a pas été une mince affaire de le sortir du train, mais avec la perséverance de l'aînée et de sa mère, le frigo a pu être tiré sur un chassîs de landau qui les attendait à l'arrivée. Nous aurions voulu les croiser auprès de leurs habitations, mais ce n'était pas l'objet de notre visite. Une autre fois peut-être. La main levée sur la photo pourrait se traduire comme un "salut à bientôt", mais répond surtout à notre petit jeu de mains dans le train.
Ainsi notre passage à Archita aura été très enrichissant avec tant de valeurs humaines à partager. De cotoyer le quotidien des jeunes roumains nous ont permis de relativiser sur notre propre vie "occidentale", de ses exigences et de ses lacunes, comme une vraie leçon sur le sens de la vie.
12 octobre 2006
"j'ai déniché cette photo sur un site....ce sont des enfants serbes qui jouent dans les rues de Belgrade.......je l'ai trouvé superbe et vous la fais partager" . Manou
31 août 2006
BREVES DE L'ASSO
Créée depuis début juillet 2006, l'association Ni plus ni moins commence à faire son petit bout de chemin.

Des membres de l'équipe sont parties en Roumanie pour une première approche du pays et de la situation sociale des Tsiagnes.
La réalisation d'un carnet de voyage va nous permettre de diffuser le déroulement du voyage et les informations receuillies afin de construire notre projet. Des bribes du périple roumain et quelques photos seront sur ce blog prochainement.
06 juillet 2006
(aux Tsiganes déportés)
Ces gorges muettes
et tous les chants que l'on n'entendait plus
Ces mains tendues
griffes au sol
pour retenir un peu de terre
à chaque coin de ces regards des fils de fer fleuries d'épines
Aucun autre horizon que la houle des chevelures qui tombent sous les ciseaux
Oublier sans oublier
Souffrir pour ne plus souffrir
mais ces bras tendus où plus aucun violon ne pleure
aucune guitare ne frissonne
Et tous ces petits anges bruns que l'on torture
ces petits anges noirs dont on coupe les ailes !
Ces mendiants de l'existence !
Parce qu'une paire de bottes manque
la mort d'un claquement de fouet !
que ton sang rejaillisse au front des offensseurs
Et que le monde entier respecte ta douleur
Toi, si loin dans ta roulotte...
à l'heure où je t'invoques, tu accours à moi dans les plis de ma robe
Tu déferles sur mon sang comme un coup de soleil
J'entends les gouttières de ton rire
Tu repousses plus loin la mer de l'inconnu
J'entends les gouttières de ton rire, le claquement de ta voix.
Je te revois au bord du grand rivage
Tsigane, tu ressembles aux chevaux recevant le fouet !
Tu te cabres souvent mais ne te plie jamais.
STERNA WELTZ
(poétesse et cartomancienne manouche)
14 juin 2006
Questions ???????????
...l'intégration sociale des communautés tsiganes qui figure dans les textes officielles européens, ne peut se promouvoir sans l'école, vecteur de socialisation. Le conseil de l'europe, largement préccupé par la situation scolaire des enfants tsiganes parle alors de fonder de nouvelles stratégies éducatives afin de pallier au taux élevé d'analphabétisme, de déscolarisation.
Pourquoi des stratégies éducatives, doivent-elles être spécifiques aux Tsiganes alors que par exemple tant d'enfants de diverses origines sont passer par l'école de la république en France. Ne s'agit-il pas d'un autre regard culturel à construire, à accepter les cultures et les manières d'êtres sans pour autant uniformiser.
Tant de questionnements que l'équipe de Ni plus ni moins se posent afin de répondre au mieux aux besoins éducatifs des familles Tsiganes.
Et la méconnaissance de la culture? des cultures?
D'où la réticence culturelle? les préjugés?
Les stéréotypes?
14 avril 2006
Initiative culturelle en Roumanie

"L'dée de ce projet a germé lors de lectures sur l'histoire des Tsiganes dans le cadre de mes études universitaires en Licence Sciences de l'éducation. Ma curiosité a éveillé une volonté d'agir à l'égard des familles tsiganes dans toutes leurs diversités, qui subissent depuis des siècles des persécutions sociales et raciales"
"La sensibilité d'autres personnes a largement contribué à la création d'une association afin de mettre en commun nos compétences, et se donner les moyens de concrétiser notre projet. L'équipe de Ni plus ni moins voit désormais le jour. C'est une aventure qui chemine pour l'instant sur les traces de la réflexion, à laquelle se frotte le regard que l'on peut porter sur l'autre, celui qui représente l'autochtone ou l'étranger, celui qui est différent de nous. Cette dissemblance culturelle peut nous permettre de reconnaître l'autre et sa culture venu de si loin"
"Les difficultés actuelles à accepter l'autre tel que sa culture l'a confiné restent prégnantes et engendrent des préjugés racistes, soit par une mauvaise connaissance des cultures ou par une volonté à se promouvoir supérieur à l'autre, venu d'ailleurs"
"Pour ma part, il me semble primordial d'accorder une place sociale et culturelle à ceux qui vivent depuis des siècles durant à nos côtés. Certes, leur mode de vie s'avère différent, mais n'est-il pas pour autant à renier, à refouler, à astreindre des familles à la sédentarisation selon le bon vouloir des pouvoirs publics, afin d'éviter le nomadisme...étrangement reconnu comme une indigence, alors qu'il s'harmonise avec la nature, bien qu'il soit plus un moyen de subsistance qu'un choix...des lectures sur les conditions dans lesquelles ont été mis des familles entières de Tsiganes m'ont refroidie. Les stéréotypes à leur égard, comme pour d'autres cultures cohabitant en France, ont été créé de façon à tolérer la présence des "sauvages" dits peuples primitifs. Et les stéréotypes perdurent...Qui ne pensent pas ou n'a pensé à la caravane du Gitan ou du Manouche grattant sa guitare autour d'un feu ou à la légende du voleur....Je pense que ces stéréotypes signifient beaucoup plus que les simples dires de tout le monde"
"Bien d'autres raisons me poussent à me battre contre les injustices sociales et l'asservissement des peuples minoritaires, qui combattent eux aussi pour préserver leurs cultures afin d'éviter l'acculturation....en dehors de ces raisons sociologiques, il y a aussi la dignité humaine de chaque culture, tant de valeurs qui nous sont propres mais que nous avons du mal à partager alors que si souvent elles se ressemblent toutes d'un peuple à un autre"
Inchallah pour la paix entre les peuples...
"Si vous respectez toutes les cultures, ce projet qui vous sera présenté vous interpellera"


















